
Le marché boursier américain est officiellement entré dans un territoire inexploré. Un indicateur clé de valorisation - le ratio de la capitalisation boursière totale par rapport à l'offre monétaire - a grimpé à un niveau record de 270%, signalant que les prix des actions ont largement dépassé la liquidité réelle dans le système économique. Alors que les marchés mondiaux restent stables, les États-Unis se sont détachés dans une anomalie de valorisation historique qui éclipse même les bulles spéculatives les plus importantes du passé.
❍ Une montée verticale de 120 points
La vitesse de cette expansion est sans précédent.
+120 Points de Saut : Depuis les bas du marché de 2022, la capitalisation boursière de l'indice MSCI USA par rapport à la masse monétaire M2 des États-Unis a augmenté de manière stupéfiante de +120 points de pourcentage.
Éclipsant la bulle Internet : Le ratio actuel de 270 % est maintenant d'environ 40 points de pourcentage supérieur au pic de la bulle Internet de 2000.
Écrasant les sommets d'avant 2008 : Il se situe également à environ 75 points de pourcentage au-dessus des niveaux observés juste avant la crise financière de 2008.
❍ Les États-Unis sont l'exception mondiale
Ce qui rend cette course unique, c'est qu'il s'agit d'un phénomène exclusivement américain. Alors que Wall Street s'envole, les principaux marchés internationaux se négocient à des niveaux beaucoup plus conservateurs par rapport à leur liquidité domestique.
Europe (Royaume-Uni & France) : Les indices MSCI pour le Royaume-Uni et la France se négocient à environ 60 % de leurs masses monétaires M2 respectives. Il est crucial de noter que ces niveaux sont toujours inférieurs à leurs sommets d'avant la pandémie, suggérant qu'il n'y a pas d'exubérance irrationnelle dans les actions européennes.
Japon : Le ratio de la capitalisation boursière du Japon par rapport à la masse monétaire M2 a atteint environ 60 %, son niveau le plus élevé depuis la bulle d'actifs des années 1990, mais cela reste bien en deçà des 270 % observés aux États-Unis.
Quelques pensées aléatoires 💭
Ces données mettent en évidence une énorme divergence : le marché américain est tiré par l'expansion des valorisations (les gens payent plus pour les mêmes bénéfices), et non par l'expansion monétaire (la Fed imprime plus d'argent). Lorsque le marché est 40 points au-dessus du pic de la bulle Internet par rapport à la liquidité, cela implique que les investisseurs anticipent un niveau de croissance et de productivité futurs (probablement alimentés par l'IA) qui doit se matérialiser pour justifier ces prix. Si la croissance faiblit, il n'y a pas de "coussin de liquidité" en dessous pour amortir la chute. Les États-Unis sont effectivement le seul marché coûteux dans un monde d'actifs raisonnablement prix.

